Articles de presse

dernière modification, le 24 juillet 2003

Il fête trente ans d'échecs (Vers l'Avenir, vendredi 11 janvier 2002) par Alain Wolwertz

 Vingt Amaytois contre un maître (Vers l'Avenir, mardi 15 janvier 2002) par Jean-Yves Reumont

A l'école des échecs (Vers l'Avenir, mardi 15 janvier 2002) par Jean-Yves Reumont

Une "simultanée" avec le grand-maître (La Meuse, vendredi 18 janvier 2002) par H. Sprumont

Sept jours d'échecs et de victoires (Vers l'Avenir, jeudi 23 mai 2002) par Jean-Yves Reumont

L'Echiquier vise la montée (Vers l'Avenir, Jeudi 26 juin 2003) par Jean-Yves Reumont

 

Il fête trente ans d'échecs (Vers l'Avenir, vendredi 11 janvier 2002)

    L'Echiquier Amaytois fête son trentième anniversaire ce week-end. Un club qui est ouvert à tous les amateurs de remue-méninges.

    Rencontre avec le vice-président du club, Claude Bikady.

    Comment est né le club d'échecs amaytois ?

    Il est né en 1972 grâce à Louis Fagot, un cafetier des thiers d'Amay qui était passionné d'échecs. Avec, notamment, Jean Kinet, un vétérinaire amaytois, ils ont lancé un club dans une petite salle à l'arrière du café. Quand le club, baptisé Racing Club d'Amay, s'est développé, il a déménagé à l'école de la Marelle puis à l'école Rorive où il est resté jusqu'en 1988.

    Ensuite, c'est le départ pour Tihange.

    Oui, nous nous sommes installés au pavillon d'accueil de la centrale nucléaire car beaucoup de joueurs travaillaient à la centrale. Nous avons aussi changé de nom pour devenir CNT Echecs. Mais au changement de direction à la centrale, en 1992, la politique d'attribution de la salle a changé et nous avons dû quitter le pavillon d'accueil. Nous sommes revenus à Amay, à l'école de la Marelle. Nous avons conservé le nom jusque récemment car nous avions encore un subside d'Electrabel. Mais c'est aujourd'hui fini, et en décembre dernier, nous avons opté pour un nouveau nom : L'Echiquier Amaytois.

    Y a-t-il des femmes et des jeunes au sein du club ?

    Nous comptons une quarantaine de membres et au niveau des âges, c'est très éclectique. On va de 10 à plus de 77 ans. Quant aux femmes, c'est plutôt rarissime dans le monde des échecs. On en a bien quelques-unes, dont ma femme et ma mère, mais les femmes n'accrochent pas.

    Pourquoi ?

    Il y a plusieurs thèses psychologiques qui ont été avancées, mais je ne connais pas vraiment les raisons.

    Où se situe votre club dans la hiérarchie nationale ?

    On a deux excellents jeunes dans nos rangs : Kevin Noiroux qui a 2020 points ELO et est champion de Belgique des moins de 16 ans. Kastriot Memeti (2150 points ELO) qui est champion francophone et fait partie des 10 meilleurs belges de moins de 20 ans. Ce sont deux bonnes locomotives qui, encadrés de quelques joueurs expérimentés, nous permettent d'être ambitieux pour l'an prochain. Cette année, nous visons le podium en IIIème division (NDLR : il y a 5 divisions) mais l'an prochain, nous tenterons de monter. D'autant que Marcel Thirion (2300 points ELO) nous revient. Il habite Bovenistier mais joue à Eupen, qui milite en Ière division.

    Un Waremmien qui joue à Eupen ! Cela veut-il dire que les échecs sont "rentables" ?

    Franchement, quelqu'un comme Marcel Thirion n'est pas payé, sauf un défraiement. Mais c'est surtout une question de prestige et l'occasion de pouvoir profiter de l'expérience de sparring partners. Mais c'est vrai que la moitié des clubs de Ière division comptent des professionnels. Pour la plupart, ce sont des étrangers. A Eupen, qui a été champion de Belgique 10 fois de suite, il y a beaucoup d'Allemands mais aussi des Hongrois et des Russes. Les clubs flamands embauchent beaucoup de Hollandais et Liège, qui est en tête du classement cette année, emploie beaucoup de Français don't un du top 100.

    Un novice qui s'inscrit à votre club est-il écolé ou faut-il certaines bases préalables ?

    Si vous connaissez les règles, l'évolution peut être rapide. Mais si vous partez de rien, la différence entre un débutant et le plus faible du club est telle qu'il vous faudra 3 ou 4 ans avant de gagner une partie. Et là, c'est démoralisant et on risque de ne pas accrocher. Par contre, avec celui qui a quelques bases, on est là pour corriger ses erreurs et l'encadrer.

    Quels sont les plaisirs du jeu d'échecs ?

    Ce sont les mêmes plaisirs que ceux de toutes les activités cérébrales comme le scrabble, les mots-croisés, etc. C'est-à-dire l'abstraction mentale, la réflexion mentale, le remue-méninges. Aux échecs, il y a aussi une dimension compétition ainsi que l'aspect psychologique que l'on peut approcher en étudiant la façon de jouer de l'adversaire par exemple. Si vous me donnez 3 ou 4 parties d'un joueur de mon club, je saurais vous dire de qui il s'agit car la personnalité transparaît dans la façon de jouer. Et ça c'est passionnant.

    Et la grande difficulté du jeu ?

    C'est de trouver du temps pour l'étude. Car si on veut progresser, il y a tout un travail de préparation à faire.

    On dit les échecs sport cérébral. Où est le sport ?

    Je crois qu'il ne faut plus s'arrêter au concept classique de l'effort physique. Le Comité Olympique l'a d'ailleurs bien compris en s'ouvrant à des disciplines comme le tir à l'arc ou le billard. Concentration, discipline, etc. font aussi partie du sport. Quelqu'un comme Kasparov occupe la moitié de son temps de préparation à jouer aux échecs et l'autre moitié à l'entraînement physique. Pour des champions comme lui, c'est vraiment une nécessité. Car le mental ne suit pas si le corps n'est pas en forme physique.

 

  Vingt Amaytois contre un maître (Vers l'Avenir, mardi 15 janvier 2002) (photos)

    Pour fêter ses 30 années d'existence, L'Échiquier Amaytois a offert à ses membres une rencontre de prestige face à Luc Winants, n° 3 belge.

    Dans la grande salle de classe de l'école de la Marelle, le silence règne, les visages sont fermés et pourtant c'est la fête. La fête car c'est l'anniversaire du grand Échiquier Amaytois, le club célèbre ce samedi ses 30 années d'existence. Et si l'ambiance est quasi religieuse malgré l'événement, c'est qu'on arrive en pleine partie, et une partie un peu spéciale.

    En guise de cerise sur le gâteau L'Échiquier Amaytois offre aujourd'hui à ses membres l'occasion de se mesurer au troisième joueur belge Luc Winants au cours de ce que l'on appelle dans le jargon des échecs " une simultanée". Dans ce type de rencontre, un seul homme dispute jusqu'à 30 parties simultanément, en passant d'un échiquier à l'autre. Une difficulté qui permet au joueur plus modeste d'espérer s'illustrer par un joli coup face à un maître ou peut-être même revendiquer le nul. " Lors d'une partie classique, on n'a aucune chance remporter la victoire, mais en simultanée, on peut tenter quelque chose, " explique Kastriot Memeti, un des jeunes les plus prometteurs du club. La seule contrainte à gérer est simple, le joueur doit jouer son coup au moment précis où son adversaire revient à sa table.

    Mais une simultanée c'est avant tout un plaisir, plaisir de pouvoir placer lors d'une soirée entre amis " J'ai mené d'un pion face à Winants. " Bon, il faut être un initié pour mesurer l'importance de l'exploit, mai s au bar du club ça fait son petit effet. " Vous savez c'est un peu comme si un club de football provincial se mesurait à Anderlecht. C'est un honneur pour nous, " confirme un joueur. Mener d'un pion, c'est donc un peu comme ouvrir le score face à Anderlecht et peu importe si cette légère avance fond ensuite comme neige au soleil. Car comme prévu Luc Winants remportera la partie. Le seul exploit réalisé aura été de le voir s'arrêter un peu plus longtemps à sa table.

    Un art qui devrait se pratiquer en plein air

    " C'est amusant. déclare le grand maître, Luc Winants, à propos de ce type de rencontre Je prends çà comme une exhibition. " Une exhibition nécessaire pour faire connaître les échecs au grand public ? " Je pense que pour rencontrer le grand public les échecs devraient sortir un peu plus, aller à la rencontre des gens, estime le maître. Trop souvent c'est un jeu qui reste confiné dans des lieux clos, trop éloignés des gens et du public. " Alors les échecs sport d'extérieur ? " C'est vrai les échecs sont de plus en plus considérés comme un sport, continue-t-il. Le comité olympique commence d'ailleurs à s'y intéresser. Mais pour ma part, je vis plutôt les échecs comme un art, un véritable moyen d'expression. "

    Le club à la meilleure ambiance

    Si lors des parties, l'ambiance est plutôt monacale, une fois le jeu terminé les joueurs se retrouvent au bar comme dans tous les clubs de sport pour boire un coup et râler sur la phase qui a fait basculer le match. " Beaucoup de jeunes aiment jouer mais ils ne savent pas qu'il existe des clubs dans lesquels l'ambiance est bonne, " explique Kevin Noiroux, un jeune joueur de 15 ans. L'Échiquier amaytois compte aussi beaucoup d' "expatriés ". " Je fais 120 km pour venir de Gembloux et jouer à Amay, témoigne Lorenzo Lanciers, le concepteur du site internet du club. La raison ? C'est le club à la meilleure ambiance".  

A l'école des échecs (Vers l'Avenir, mardi 15 janvier 2002)

    Kastriot Memeti est un des talents les plus prometteurs de L'Échiquier Amaytois, à 19 ans, il compte déjà 2150 points ELO (le classement mondial des joueurs d'échecs).

    Comment as-tu mordu aux échecs ?

    En fait, j'ai eu de la chance. J'ai découvert le jeu grâce à un instituteur. Vous savez à la fin de l'année lorsqu'on peut amener des jeux en classe, il avait pris un jeu d'échecs.

    Penses-tu que les échecs ne sont pas assez estimés en Belgique ?

    Certainement, je pense qu'on devrait enseigner les échecs à l'école. Il y a beaucoup de cours qui ne servent à rien, alors qu'avec une heure d'apprentissage aux échecs, on apprend plein de choses. Je suis maintenant en première candi en informatique et grâce aux échecs, je n'ai aucun problème pour gérer le stress d'un examen oral. Je ne me laisse pas déstabiliser.

    Il faut être matheux pour aimer les échecs ?

    Les mathématiques ont un univers proche des échecs et être doué en mathématiques, ça aide. Mais c'est plus intéressant que les maths, car il s'agit d'un affrontement entre deux personnes, deux esprits. Alors qu'en math, on est seul face à un problème.

Une "simultanée" avec le grand-maître (La meuse, vendredi 18 janvier 2002)

Luc Winants, seul grand maître né en Belgique, a joué simultanément avec une vingtaine d'adversaires de L'Echiquier Amaytois.

Pour fêter ses trente ans d'existence, L'Echiquier Amaytois a invité le grand maître international Luc Winants à partager une partie simultanée avec ses joueurs et tous ceux faisant partie d'autres clubs.

Ils sont tous assis, réfléchissant, la tête dans les mains, les yeux fixés sur l'échiquier. Le maître passe d'une table à l'autre et déplace un pion : si les membres du club ont le temps que le maître fasse le tour des tables pour calculer leur prochain coup, le meître retient tous les déplacements dans une dizaine de parties en cours. Dans une partie pareille, il y a le plaisir de participer, de s'affronter à M. Winants, jusqu'à l'échec et mat.

Le club amaytois a 30 ans ...

Luc Winants est le seul grand maître né en Belgique. Les deux autres sont d'origine russe. Entre le verre de l'amitié, l'ouverture de cette journée par M. Collignon et cette grande rencontre, des affrontements amicaux, des parties rapides dites blitz, se sont déroulées en 5 minutes de réflexion. Dans de telles rencontres, il n'y a pas de palmarès. Le but principal est le plaisir de jouer.

Dans la salle où chacun se concentre face au grand mâitre, on entendrait voler une mouche. mais tout à côté, c'est la joie. Des champions de Belgique et d'autres qui l'ont été, fêtent d'une façon très cool les 30 ans du club amaytois et la montée presque certaine d'un autre club liégeois. Ici, les parties ne se disputent pas dans le calme mais la bonne humeur un peu euphorique. Viviane Coëls, la femme du grand maître, ancienne championne de Belgique, ne peut jouer contre son mari : elle préfère déplacer les pions face à d'autres. C'est plus rassurant.

En 1972, le cercle appelé alors Racing Club Amay Echecs se réunit au Mur d'Amay. Le fondateur du club est Laurent Fagot qui en assure la présidence pendant de nombreuses années.

Depuis 92, les joueurs se réunissent chaque vendredi soir dans les locaux de l'enseignement spécial : La Marelle. Le club est très actif et organise de nombreux tournois.

... Et une graine de champion

MM. Gheury, président, Dambiermont, directeur des tournois, Bikady, responsable des jeunes et Orban secrétaire, sont très fiers d'évoquer les performances d'un jeune joueur formé au club, Kevin Noiroux, qui vient de défendre les couleurs de la Belgique aux championnats du monde junior (catégorie moins de 16 ans) organisés à Oropesa del Mar en Espagne.

L'année 2002 sera l'occasion d'organiser d'autres manifestations pour célébrer cette honorable existence de 30 années.

 Sept jours d'échecs et de victoires (Vers l'Avenir, jeudi 23 mai 2002)

AMAY - Championnat individuel francophone

Sept jours d'échecs et de victoires

L'Échiquier Amaytois a accueilli l'édition 2002 du Championnat Individuel Francophone. Une compétition qui rassemble les meilleurs joueurs du pays.

LES JOUEURS sont toujours concentrés, mais les visages ne peuvent masquer la fatigue. Il faut dire que les meilleurs joueurs d'échecs de toute la partie francophone du pays, viennent presque d'enchaîner sept jours de compétition. Ils disputent d'ailleurs, en ce lundi de Pentecôte au Gymnase d'Ampsin, la dernière ronde du tournoi, la manche qui devrait désigner le vainqueur du prestigieux Championnat Individuel Francophone.

" La compétition a commencé lors du week-end de l'Ascension, le jeudi 9 mai jusqu'au dimanche 12. Avant de reprendre samedi pour se terminer ce lundi soir, explique Jean-Marie Gheury président de l'échiquier Amaytois, le club qui a relevé le défi d'accueillir la compétition.

" Il s'agit d'un tournoi majeur, continue-t-il. Seize joueurs s'y affrontent, soit les vainqueurs de chaque ligue régionale et les meilleurs au classement ELO (classement en vigueur dans le monde des échecs pour définir le niveau d'un joueur). "

Seize experts, dont plusieurs semi professionnels, sont donc installés sur la scène du Gymnase et se rencontre tour à tour au cours de sept rondes. Des parties de très haut niveau qui peuvent durer jusqu'à 6 heures d'affilée.

" À côté du championnat expert, se déroule toujours un open, détaille le président. 45 joueurs y sont inscrits. Et le gagnant aura la possibilité de participer au tournoi expert l'an prochain. Devant les échiquiers de la grande salle, chacun de ces participants n'a qu'un rêve se frotter l'an prochain aux joueurs installés en haut de la scène. Mais avant cela, il doit se frotter à 44 autres passionnés qui caressent la même ambition.

Et après sept jours de luttes acharnées, d'espoirs et de désillusions le championnat a donc rendu son verdict. Le vainqueur expert est le maître d'origine iranienne Amir Bagheri (2411 ELO) de Watermael-Boisfort et le tournoi open a été remporté par Eric Porteman du club Crelel. Pour la petite histoire, notons que le prize-money d'un tel tournoi est de 2 400 euros, le vainqueur de la catégorie expert remporte 450 euros et celui de l'open 250 euros.

L'Échiquier Amaytois a relevé d'une main de maître le défi d'organiser ce tournoi. Un honneur qui prend sa place dans le cadre des festivités prévues tout au long de l'année pour célébrer les 30 ans du club.

Un cercle qui compte aujourd'hui 55 membres grâce à la fusion avec Huy. Autre preuve de sa bonne santé, 8 joueurs du cru ont participé cette année à l'open, et quatre se sont classés parmi les 10 premiers (Daniel Halleux, Henri Douha, Pierre Wolf et Jules Reyskens). Au tournoi expert le club d'Amay était représenté par Duric Slavko (2244 ELO)  qui termine à la onzième place.

L'Echiquier vise la montée (Vers l'Avenir, Jeudi 26 juin 2003)

Pour la deuxième année consécutive, L'Echiquier Amaytois organisait le championnat individuel francophone. L'occasion de présenter ses renforts allemands.

Après avoir relevé avec brio le challenge de l'organisation du championnat individuel francophone 2002, L'Echiquier Amaytois a relevé le gant pour la deuxième fois consécutive en accueillant cette année encore les meilleurs joueurs belges.

Outre l'organisation de cette épreuve prestigieuse, les Amaytois ont profité de la dernière journée du tournoi pour afficher leurs nouvelles ambitions. "Notre objectif est la montée en deuxième division dès l'an prochain." indique Claude Bikady, vice-président du club et président de la fédération belge francophone. Une ambition qui sera soutenue par de nouveaux moyens financiers grâce auquel le club va pouvoir transférer pour la future compétition interclubs trois maîtres allemands. "Un sponsor privé va nous permettre de réaliser ses transferts" continue le vice-président "Il s'agit de trois maîtres FIDE, un rang en-dessous des maîtres internationaux."

Avec ses renforts de choix, le club amaytois espère donc raisonnablement devenir l'an prochain le 5ème club wallon à rejoindre la division 2 nationale. "Quand on voit que les autres villes sont Liège, Charleroi, Wavre et Namur, on se dit que réaliser cela à Amay sera une belle réussite" ajoute Claude Bikady. Cette montée très attendue devrait en effet permettre au club de se créer une nouvelle aura dans la région. "Nous espérons ainsi attirer de nouveaux joueurs, notamment de Liège" se réjouit le vice-président.

Autre avantage de cette montée et de l'arrivée des joueurs allemands : la formation des jeunes. "Nous avons au club trois jeunes joeurs prometteurs  de 13, 16 et 20 ans. Ici, ils ne progressent plus. Si nous voulons les garder, il faut qu'ils puissent continuer à apprendre au côté de joueurs plus expérimentés" conclut-il.